Arrivé à Madagascar…

 

Madagascar 15juillet 2016
Arrivé après-midi, il me semble avoir déjà une bonne impression de ce qui m’attends. Après m’être installé dans ma chambre d’hôte, accueil chaleureux, personnel adorable, jardin verdoyant, à la campagne loin de la grande ville qu’est Tananarive. L’arrivée à l’aéroport est déjà folklo, retro mais avec des contrôles plutôt bon enfant , des douaniers presque rigolards si on sait aussi les aborder. Aussitôt passé les différents vérifications et coups de tampons on aborde la foule restée dehors qui attend son monde mais en ce moment c’était plutôt pour l’avion suivant parce que le mien était petit presque local puisque j’arrivais de Johannesburg.
On se fait accoster par les changeurs de monnaie ou les mendiantes avec leurs enfants au sein ou à la traine. Maurice mon chauffeur était là avec son petit carton où figurait mon nom. Pas de soucis toute notre organisation à travers les courriels fonctionnait à merveille. A peine 20 minutes et je me trouvais déjà à ma chambre d’hôte non sans traverser villages, commerces, marchés et toute l’animation mêlée qui règne le long de ces routes.
Ma première impression est très cubaine ! Les gens, leur dégaine, la pauvreté, les vielles voiture qui-là ne sont pas des Chevrolet mais des taxis 2CV Citroën, des Diane, ou des 4L.

C’est une image de population jeune, beaucoup de jeunes filles avec déjà des enfants trimballés sur les hanches ou dans le dos, c’est des chapeaux de paille ou des bonnets chaud juchés sur la tête comme des accessoires indispensables. C’est le royaume de la petite demerdise ou les échoppes montées de 3 planches font chapelets aux abords des villages. Les routes sont vites chaotiques lorsqu’on sort des axes principaux goudronnés, se sera des pistes de terre ou des pavés.
Le trafic n’est pas rapide, rien agressif lorsqu’on pense à l’Inde, on y croise des charrettes à bœufs ou des calèches qui sont des charriots assez particulier pour transporter des petites quantités de marchandises mais parfois bien lourdes pour les hommes qui les tirent ou les poussent. Il y a aussi les charrettes taxi tirées par un homme, comme à Calcutta mais moins belles. C’est toujours une impression assez désagréable de voire des hommes s’abaisser à trainer d’autres hommes.
Ma première sortie après m’être posé, déballé en vrac mes bagages, pris un thé, fût d’aller au village, de passer au marché couvert, dédale de cabanes où explosent les couleurs des fruits et légumes, où les odeurs nous enivrent ou nous répugnent, où les voix deviennent musique et où le tempérament des gens se révèle. Ici c’est aussi Cuba, on y entend parfois des musiques chaudes de l’île, la langue très chantante me fais penser au brésilien, et puis on peut aborder les gens en français. Ça c’est une particularité lorsqu’on est si loin.
Les gens du village ne parlent pas français entres eux mais s’expriment volontiers à nous dans notre langue. Le malagasy ou malgache me fais penser à l’indglish car dans toutes les phrases il y a un mot français qui ressort ! Certains mots sont trainants, la langue est douce et même rassurante. On m’avait prévenu et ceci est un conseil d’une réunionnaise, méfiance méfiance, les femmes sont des sorcières, il s’y passe des choses étranges, la sorcellerie y est bien connue et nombre d’hommes ont disparu… Je n’ai pas encore vu de sorcières, j’ai rencontré plusieurs femmes avec un balai mais rien ne m’est arrivé.
Ce tour de village, m’a déjà mis un peu au diapason, j’y ai vu le prix des aliments de base, j’y ai vu la pauvreté, j’y ai vu les enfants et les vieux, les sobres et les alcooliques, j’y ai découvert le pays des villages celui de Madagascar, une vrai image des gens qui vivent et survivent ici. J’ai appris la terrible catastrophe de Nice, l’accident de train en Italie, les bombardements en Syries et moi qui me faufile dans ce magma de monde sur lequel il devient difficile de savoir où poser le pied. J’essaye de rester fondu ou tout du moins de m’approcher des couleurs locales….