Arrivé au Lesotho première mission en Afrique pour la FAF

Lesotho lundi 25 juillet 2016

J’ai été un peu cynique dans ma description de Madagascar ! Il ne faut pas rester dans les capitales lorsqu’on veut découvrir un pays comme celui-ci. Les capitales des pays pauvres sont trop pauvres pour être attractives, la campagne nous révèle toujours la beauté de la nature et de la simplicité. Pardon pour les âmes sensibles.

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45 min. de vol pour rejoindre Maseru au Lesotho depuis Johannesburg, c’est un petit avion qui fait cette liaison car il y a bien peu de monde qui se dirige vers cette destination en plein hiver.
Lorsque l’avion a commencé sa descente pour atterrir une forte pluie et des rafales de neige se sont mises à frapper la carlingue. On ne voyait rien du tout par les hublots si ce n’est cette neige qui filait comme des jets de gravier parallèle à notre trajectoire. Apparemment le pilote n’en voyait pas plus que nous car le zingue s’est mis à reprendre de l’altitude pour sortir de cette gravière. Après avoir tourné un moment nous avons ressenti une descente progressive c’était la deuxième tentative, la neige avait cessé mais la pluie était toujours très soutenue. Là il n’y a plus eu de rupture subite de la trajectoire et progressivement à travers cette mousson on devinait le sol, c’est ainsi que nous avons atterri à Maseru et que j’ai posé pour la première fois le pied au Lesotho, Jean Paul II était venu avant moi et ce n’était pas pour prêcher la capote !
Mon histoire du Lesotho ne faisait que commencer et sans mes bagages, perdus entre Tananarive et Johannesburg, de plus personne pour m’attendre, impossible de faire du change à l’aéroport qui était encore plus petit que celui de Tana. Mon téléphone n’avait pas de roaming et il faisait très froid avec cette pluie qui continuait à tomber comme au plus profond de la forêt tropicale.
Je me suis assis, ai réfléchi, et j’ai pensé à Saidou perdu au milieu de cette URSS hostile largué par le train au milieu de nulle part, en pleine nuit, sur la route de Krasnodarh.

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“Même les images noires peuvent devenir  de merveilleux souvenirs”
Il faut toujours faire confiance à la solidarité dans ces situations, un individu m’a prêté son téléphone pour que je puisse appeler mon contacte. Celui-ci était bloqué dans les neiges de Qacha’s Nek ma supposée destination finale. Mais il m’envoyait quelqu’un de Maseru 25km. pour m’aider à trouver une solution. La pluie ne cessait, il faisait sombre le temps pour se demander ce qu’on vient foutre ici !
Le contacte du contacte est arrivé une heure plus tard mais enfin il était là pour me guider dans l’opération de sauvetage. 1) trouver un cash point pour tirer de l’argent. 2) trouver une Guest House avec un minimum de propreté et un petit peu de chauffage. 3) faire le point météo. 4 prévoir de rester jusqu’à ce que mes bagages réapparaissent.
Tout a pu s’organiser aisément sans panique et même on a eu le temps de se manger un excellent filet de bœuf pour moins de 10 balles. La chambre d’hôte est très propre, eau chaude dans la douchette, couvertures en rab dans l’armoire et un semblant de chauffage qui va éviter l’hypothermie. Je ne sais pas si c’est une habitude pour traiter les gens d’âge bien mûre mais le personnel m’appelle Dadi ce que je trouve charmant et chaleureux.

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Je me suis acheté une carte SIM que j’ai immédiatement chargé, et le mardi matin je recevais un avis de l’aéroport qui me précisait que mes bagages étaient en route et devaient arriver dans la matinée.
Soulagement je retrouverai mes grosses chaussures, mes habits chauds et mon gisement de chocolat. Un bagage avait été ouvert mais je ne constatai rien qui manquait, pas un Ragusa ! Soulagé je rentai à ma chambre d’hôte pour profiter de mon après-midi et faire un petit tour pour me dégourdir les jambes. Fin de journée je découvre que je n’ai plus ma pochette avec mon passeport et mes billets d’avion ! Deuxième montée d’adrénaline en deux jours et moi qui essaye de faire chuter mon hyper tension ! Je renverse mes bagages fouille partout impossible de me souvenir ce que j’en ai fait. La dernière fois que j’ai sorti mon passeport c’était à l’aéroport pour passer le check point pour accéder à la chambre des bagages. Aucune solution dans mon programme sauvetage pour ce cas de figure ! C’est là que je pense à l’ami Alzheimer et que je me dis qu’il y a des données que je n’enregistre plus….J’ai pensé au taxi, que j’appelai mais qui n’avait rien trouvé. Je refaisais mon parcourt mentalement pour voire où j’avais bien pu l’égarer. Rien ne revenait c’était le blanc total je revoyais mon carton rouge à l’aéroport mais plus rien après. La nuit fût perturbée, j’avais retrouvé le double de mon billet d’avion ça c’était réglé mais le passeport, comment savoir si la Suisse était représentée au Lesotho ? J’avais retrouvé avec mes cartes bancaires celle de mon identité et me disais que ça allait tout de même aider. Au petit matin du mercredi je refaisais un contrôle général pour la nième fois de mes bagages en espérant toujours me dire qu’est-ce que je suis con mais c’est bien sûre. Rien de tout ça ! A 7h15 coup de téléphone de la réception pour me dire que le taxi avait retrouvé ma pochette. Comment décrire le soulagement, juste un moment divin où tout se remet en place et le cours de la vie peut reprendre normalement.

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Il faisait un temps superbe, pas un nuage, mais les cols à passer pour rejoindre Cacha’Nek n’étaient pas ouvert, en altitude la neige était restée et les véhicule loin d’être équipé pour ces circonstances ne passaient plus. La région était isolée et je ne pouvais toujours pas y accéder. Le temps était trop beau pour rester inactif, j’en ai profité pour sauter dans un bus collectif attendu une heure qu’il soit plein et lélé pour Thaba-Bosiu région magnifique au pied des montagnes enneigées paysage de grands plateaux herbeux et villages typiques.

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Arrivé sur place je me suis mis à marcher à travers le village, ces huttes de pierre sèches et toit de chaume, j’y ai côtoyé des gens, des enfants, et c’est là que j’ai rencontré Rafiloe qui est devenu mon guide. Jeune paysan du village dernier habitant de la hutte familiale le père et la mère étant décédés il y a quelques années à des âges où l’on ne meure normalement pas. J’ai bien vite compris qu’il était un orphelin du Sida comme beaucoup de jeunes dans le pays.

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“Rafiloe me faisant visiter le cimetière des roi du Lesotho”

La sœur était partie et le frère ainé aussi, il se retrouvait seul a travailler les terrains s’occuper de ses vaches, de ses moutons et des cochons. La saison dernière avait été très sèche les récoltes maigres et sa caisse dans les chiffres rouge. Il m’a emmené au sommet de la montagne sur laquelle se trouvent le cimetière des rois et le lieu de rassemblement annuel de tous les chefs de tribu. Il connaissait les plantes leurs vertus, se soignait que par elle se faisait des infusions, se faisait des crèmes désinfectantes avec du gel de cactus, il n’a plus grand-chose à manger et ne peut plus s’acheter de cigarettes. Il n’en pleurait pas, a aucun moment il m’a parlé d’argent en me faisant comprendre qu’il fallait que je lui en donne. Il me disait qu’il était très fort qu’il pouvait construire des huttes en pierre, qu’il savait faire des toits de chaume. L’année prochaine il aura 25ans et si il a assez d’argent si la saison prochaine est bonne il se mariera tout d’abord avec une femme et si il le peut en prendra une deuxième mais pas plus. On a fait un tour extraordinaire, j’ai vu son pays il m’a appris la vie au village, avant de repartir on est allé boire une verre de Coka dans une épicerie quand on s’est quitté il m’a beaucoup remercié ce soir il pourra manger décemment et les jours qui suivent aussi. Je ne l’oublierai pas il m’a fait découvrir une très belle image de son pays.

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Ce jeudi matin le temps est à nouveau gris la neige est annoncée. Le col est toujours impraticable.
Visite de la police montée aujourd’hui. Pas perdu mon temps, j’ai rencontré la chef qui est une puissante noire qui doit faire ployer le dos de sa monture. Elle m’a mis en contacte avec la vétérinaire en charge des 80 chevaux. Bon ce n’est pas la garde républicaine, il faut voire les haridelles, même Don Quichotte aurait fière allure ici. Bref ils ont les installations, salles de cours car ils forment leurs agents montés pour desservir les différentes régions du pays. On pourrait organiser une formation à Maseru chez eu ce qui nous permettrait d’avoir un lieu à peu près avec un bon cheptel d’animaux pour les stagiaires même externes à la Police. Donc de mon côté je pose des jalons et prépare la suite du projet FAF-Lesotho.
La nuit tombe, encore un jour de passé, coincé à la capitale et je ne sais pas quand je vais pouvoir m’en sortir. Je m’occupe agréablement, j’ai un super bouquin « l’arracheuse de dents » Il y a bien pire et il y en a même qui n’ont jamais retrouvé leur passeport !

bd en brousse

“Chevaux de la Police montée de Maseru ! Ils sont pas prêt de rivaliser la Garde Républicaine de Paris” 

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“La suite arrive tout prochainement”