Qu’ai je vu de Madagascar ?

Madagascar, je n’en ai rien vu ! Un si vaste pays j’ai dû en voire le pire ! Comme toutes les grandes villes des pays pauvres, on y découvre un ramassis, une concentration de tout ce que le pays peut produire de dégoûtant. Madagascar est une île immense traversée de rivières et de fleuves parsemée de lacs, de forêts et de cultures. Tananarive semble dégueuler d’une population déplacée qui s’est construit des maisons de quelques planches et tôles et découvert des professions de survie.
Seul les lémuriens et leur parc m’ont fait découvrir un paysage paisible,

P1040751une végétation protégée qui révèle la richesse des plantes, un trésor de diversité pour les botanistes, une représentation de ce que peut être, un pays connu pour ses épices, sa vanille, ses baobabs, ses forêts tropicales la gentillesse de ses habitants si on fait abstraction des sorcières et des dit on.

En survolant une toute petite partie du pays il me semble avoir vu tout ça, un pays vaste, des côtes immenses certainement regorgeantes de poissons, mon regard n’a même pas pu croiser une embarcation, ni soupçonner un village de pêcheur. Les seuls que j’ai vu pataugeaient dans des eaux dégoutantes aux alentours de la capitale sortant des tout petits poissons vendu sur les trottoirs de routes enfumées et poussiéreuses.

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Je longeai la digue tous les matins pour parvenir au club ou plutôt aux écuries dans lesquelles je donnais mon cours.

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La digue est une immense bute, longée par la route principale donc goudronnée, elle permet d’immerger les terrains bordant la rivière où le ris est cultivé sur des toutes petites parcelles. Les labours se font encore à la pelle carrée où avec des paires de bœufs tirant une charrue archaïque. Mon chauffeur était toujours inquiet lorsque j’ouvrais ma fenêtre pour prendre des photos.

(étalage de légume avant d’être souillé par la fumée et la poussière)

P1040962De son expérience il m’expliquait que les voleurs et pique poquets étaient d’une rapidité inouïe, qu’on avait rien le temps de voir arriver. Le trafic est très lent constamment obstrué par les taxis brousse qui à tout moment s’arrêtent pour prendre ou déposer un occupant et sa cargaison sans se soucier des véhicules qui le suive. Il est imprédictible le temps que va prendre le trajet qui peut aisément passer du simple au 4 fois plus. Les bords de routes sont un spectacle continu où tout est concevable. A voire le nombre de gamins de tous les âges qui y font école on peut s’imaginer que les                          parents ne vont pas bien loin pour leurs ébats. Les 2cv, Dianes ou 4L taxis m’ont émerveillées et m’ont prouvé leur solidité à traverser les âges et les pires routes. Petits bijoux de la non technologie, bichonnés par leurs propriétaires qui sont fiers de la faible consommation de leur véhicule qui leur donne les moyens d’en boire un petit de plus !

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(Mary  était presque du voyage!)

La fumée du trafic est insupportable, à chaque déplacement on a l’impression d’y encrasser ses poumons, d’en perdre une partie, d’en faire un mou noirâtre dont même les chats n’en voudraient pas.

On y mange du port qui sent trop le porc, du poisson qui sent le cochon. Mais ça c’est une question de friteuse, qui a déjà vu passer les œufs, les frites , les cuisses de dame (petits beignets qu’on prend avec le café à la pause du matin) voire même les chicots de la cuisinière qu’on a jamais retrouvés.
Le bœuf est toujours trop cuit mais ça c’est peut être préférable car lorsqu’on voit les étalages de boucherie, l’arrivées des chariots de viande poussés dans cette même fumée et poussière, tripotée par ces marchands dont l’hygiène et la couleur des mains ne nous laissent guère soupçonner qu’ils travaillent dans l’alimentaire.

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(en route pour l’abattoir) 
C’est bien que, lorsqu’il y a un mariage que les gens semblent propres, les couleurs les chapeaux, les costumes à paillettes des déguisements pas possible et des aires à ne plus reconnaître son peuple. Extraordinaire cette métamorphose caméléonienne et cette attitude de grandeur pour quelques heures de rêve.
Le pays est en train de s’enchinoiser, ils achètent les politiciens, des terrains, ils construisent, ils produisent et ils exportent à la tête et à la barbe des autochtones ! Actuellement il y a un grand chantier à Tananarive, car ils sont les hôtes du Sommet de la Francophonie 2016. Tout est très en retard seul un grand Hôtel érigé spécialement par les chinois aux abord de l’aéroport est terminé plus une route encore en chantier pour accéder au Village de la Francofolie   où les ouvrier chinois travaillent comme des forçats.

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(Et vous me direz qu’il n’y a pas de chinois à Madagascar!)

Les bâtiments du villages sont mollement animés les malgaches ne pensent pas qu’ils arriveront à terminer les bâtiments. Bref comme partout où ils mettent les pieds, les chinois seront certainement là au bon moment pour renflouer le navire en perdition, au grand soulagement des politiciens locaux qui ne reculeront devant aucune concessions.

Mes élèves ont été très assidu j’espère avoir suscité des vocations de maréchaux mais en 5 jours que peut on souhaiter de plus qu’un peu de rêve!!!

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Lorsque je suis reparti, à l’aéroport International de « Tananadérive » grand comme une petite Migros dont les caissières sont nettement moins efficaces ! A un moment, je suis allé pisser, le choc ! j’ai cru que je m’étais trompé de pays! Que des chinois et y en a pas un qui se lavait les mains, merci les cacahouètes !

Après un très long moment de queue pour le check in, après que je me sois acquitté des frais d’excèdent de bagage, il fallait encore passer la douane et la police, là c’est mon bagage à main qui était trop gros alors que le check in me l’avait pesé et approuvé. Bien vite compris quand le fonctionnaire m’a dit que pas de soucis il allait me le laisser passer… je n’ai pas eu de réaction… mais lui m’a glissé dans l’oreille : petit billet pour mon service ?
Et voilà tout ce que j’ai vu de Madagascar, il y a certainement mieux à faire mais certainement pas à Tananarive où son chinatown aura vite fait de remplacer l’avenue de la Libération par celle de la Francophonie chinoise.        BD en brousse

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