Ce qui semblait être une bonne idée devient une poudrière !

FAFFID Nov 2016
Flying Anvil Foundation Farriery Institute Dundlod 24 Novembre 2016

19h c’est l’heure de la cacophonie entre les mollahs et les pandits, il chantent tous plus faux les uns que les autres, j’augmente un peu le volume de ma musique pour couvrir cette pollution heureusement non toxique. L’un des pandit a un appareil acoustique avec le fil qui va a la pile dans la poche interne de son vêtement en coton orange. Je le croise quotidiennement assis au pied d’un pilier des arcades commerciales. Il joue la plupart du temps aux cartes avec sa bande de vieux. Le passage de mon touc touc doit faire péter les décibels dans son appareil et lui enlève toute concentration à la partie en cours. Cette distraction me donne l’occasion de lui faire un grand bonjours du bras , il me répond de sa main libre avec un grand sourire édenté. Les pandits prêtres indous font partie du décors coloré de l’Inde, ils font du bien, ils prédisent le meilleur, plus il y a du bon dans leur conversation plus l’obole sera généreuse et plus tout le monde sera content.

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Plus d’argent sur le marché indien: 

De loin cela doit paraître impossible ou un mauvais canular et pourtant c’est la réalité du moment. Les distributeurs (bancomat ) son vides et lorsque les banques en charge un il faut se lever tôt pour faire partie des heureux. Le maximum qu’on peut retirer est 2000.- roupies l’équivalent de 27,5 € . C’est presque un nouveau circuit pour les touristes en séjours de parcourir les bancomats pour retirer de quoi acheter des babioles à ramener. J’ai fait la queue 1 heure à Jaipur un dimanche assez tranquille , lorsque je suis arrivé près de la machine la personne qui était devant moi a bloqué l’appareil ou a fini de le vider… heureusement il y avait 2 files pour 2 appareils et les gens de l’autre file qui ont vu mon désespoir m’ont invité à les rejoindre et a passer devant tout le monde. Solidarité des démunis, ça marche en Inde je ne pense pas qu’en Europe les citoyens accepteraient une situation semblable sans faire la révolution.

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Rien ne contrarie l’indien dans son sommeil

Allez y comprendre ! J’ai pu retirer mon billet de 2000.- et maintenant quand je le présente à l’épicier il n’a pas de change pour me rendre la monnaie. Terrible situation pour les petite gens se sont eux qui souffrent le plus et qui n’ont pas d’alternative. Le gouvernement n’était pas prêt pour une telle manoeuvre à l’échelle de ce grand pays, il a voulu surprendre tout le monde, c’est fait mais il a sous estimé la quantité de nouveaux billet qu’il fallait pouvoir injecter immédiatement sur le marché. Il y a déjà des faux billets qui circulent les gens les connaissent si peu que des malins leur proposent d’échapper aux attente et de leur changer leur argent en prenant une bonne commission. En réalité ils repartent avec des fausses coupures.

blog
les couleurs du quotidien pour les femmes rajasthanis

C’est l’époque des mariages en Inde à cette saison, c’est habituellement le moment de casser la tirelire , de sortir le bas de laine pour les extras et de faire appel aux prêteurs à gage, voire même faire des hypothèques. Certains mariages sont annulés ou du moins reportés si les deux familles ne se foutent pas sur la gueule d’ici là!  Les hôtels reçoivent des annulations, les commerçant ne vendent rien. Le système est cassé il n’y a pas assez de nouveaux billets pour satisfaire cette décision immédiate et sans appel de ne plus accepter les billets de 500 et 1000.- roupies du jour au lendemain sans transition.

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Y a t il un cheminot dans la locomotive de Modi ?

Le but du gouvernement est de supprimer l’argent noir ! Le seul moyen de changer ses billets est de le faire dans une banque à raison de 4500.- inr. maximum et ceci tous les 15 jours. Depuis la semaine dernière les banques apposent une marque indélébile sur un doigt du changeur car des gens étaient payés pour changer sans cesse dans des banques différentes pour des gens qui avaient des gros montant à blanchir ou à changer simplement. L’autre solution est de déposer le montant sur un compte bancaire et bien évidement si le montant dépasse 250000.- inr (3460.-€) il faut prouver que les taxes ont bien été payées préalablement sinon une amende de 200% du montant versé sera exigée… Délai pour changer son argent : fin décembre. De la folie et croyez-vous que les gens qui travaillaient avec de l’argent sale ou black sont pénalisés ? Que non leur argent est à l’étranger ou placer dans des biens immobiliers, des diamants ou de l’or. Modi en croyant bien faire est en train de provoquer une crise terrible, l’Inde aujourd’hui est un véritable baril de poudre, jusqu’à quand arriveront-ils à protéger la mèche. Bientôt se sont les indiens qui vont envahir l’Europe, pour se peuple de nomades qu’elle différence que de diriger le troupeau vers Berlin, Paris, Milan ou Barcelone plutôt que d’aller à Bombay , Delhi ou Bangalore. Tant qu’il y a à manger sur la route pour les bêtes, on troque un agneaux une brebis boiteuse pour acheter la farine le sel et quelques légumes, les prairies seront toujours plus vertes en se dirigent vers l’Occident.
Notre cours à l’école commence lundi se sera ferrage à froid ! C’est pas le moment d’allumer les forges ! Allez je me mange un Ragusa c’est tout ça de moins pour Modi

bd Inde novembre 2016    une année qui pourrait marquer l’histoire indienne

Before & After

Une semaine plus près du ciel que de la mer

Qach’s Nek Lesotho
J’ai enfin pu prendre la route et m’échapper de Maseru, pour rejoindre ma destination j’ai dû faire un trajet de 6h30 de route à vive allure avec un super chauffeur, très sûr et qui ne perdait pas son temps à faire des pauses. Il m’a avoué à plusieurs reprises qu’il avait faim mais ne s’est jamais arrêté malgré mes incitations. Nous avons traversé des paysages superbes qui m’ont fait penser à la Patagonie, au Pérou,

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nous avons traversé des immenses plaines et des chaînes de montagnes. Nous avons passé des cols sur lesquels la neige était abondante. Nous n’avons vu beaucoup de monde sur ce trajet, les routes sont en assez bon état pour pouvoir rouler à vive allure sauf que parfois d’énormes trous pourrais complétement exploser une roue si le chauffeur n’est pas vigilent pour les repérer de loin.

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J’étais tellement fasciné par ces paysages que je n’ai même pas eu envie de bouquiner ou de faire la sieste. Par ci par là nous avons vu des troupeaux de vaches et chevaux ou de moutons et de chèvres, autour des huttes il était fréquent de voir un cochon noir en liberté. Nous avons vu beaucoup de chevaux montés soit par les bergers soit des gens qui se déplaçaient emmitouflés dans de grandes couvertures.

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Lorsque nous avons atteint Qacha’s Nek, il faistait déjà sombre j’ai cherché à joindre mon contacte Lekena mais impossible parce que toutes les lignes téléphoniques étaient inactives ! Suite aux grosses chutes de neiges qui avaient sévit ces derniers jours le réseau téléphonique ne fonctionnait plus. Maintenant que j’avais pu atteindre ce lieu perdu dans les montagnes que j’avais bravés les cols et la neige maintenant je n’avais aucun moyen de contacter mon ami. Je décidais en priorité de me trouver une chambre chaude, un bon lit et un endroit pour me restaurer moi et mon chauffeur. On a dû se contenter de sandwich car dans l’hôtel ou j’avais trouvé une chambre c’est la seule chose qu’ils pouvaient nous servir et vu que le restaurant où nous avions essayé d’aller au bled n’était pas trop propre nous avons donc préférer la sécurité d’un endroit plutôt sûre et accueillant et hygiéniquement parlant plutôt sans crainte . Ce soir-là j’ai découvert les plaisirs d’une couverture chauffante insérée entre le matelas et le drap qui comportait 3 positions de réglage. Je dois avouer que de rentrer dans un lit qui semble déjà habité sans avoir besoin de mettre training, pull, chaussettes et bonnet est fort agréable surtout que la température de la chambre ne fait pas penser aux caraïbes !

Le lendemain après un petit déjeuné montagnard de viande hachée, épicée , de ratatouille dans laquelle les oignons prenaient plus de place que les tomates qui étaient là que pour mettre un peu de couleur, courgettes, poivrons aubergines ignorée, c’était en fait une potée de carottes et oignons bien ravigotant pour commencer la journée. J’ai laissé tomber les saucisses roses qui me faisaient penser à des cervelas d’origine douteuse où la trassabilté du cochon restait douteuse à mes yeux. But de la journée aller au bled et essayer de trouver mon contacte. Je me rendait à pied au centre de Qacha qui n’est guère plus grand qu’un regroupement de petites maisons, d’un arrêt de taxis collectifs et de cabanes commerces qui foisonnent autour de ces lieux à la croisée de toutes les destinations. Et puis quelques commerces un peu plus importants, super marquet tenus par des chinois. Ces commerces sont gardés par des gardes en guenilles mais armés jusqu’au bonnet. Ils arborent des vieux pétards plus dangereux pour l’entourage que pour la cible!

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Je questionnai les gens mais personne ne connaissaient mon Lekena, les pauvres informations que j’avais sur le bonhomme ne me permettaient même pas de donner une description ou son emploi et sa seule adresse en ma possession était sa case postale. Bienvenue mais la poste était fermée pour les 2 prochains jours…Dans ces cas-là , l’animation de la rue suffit à me distraire et à découvrir les gens , leurs comportements, la visite habituel des commerces pour me faire une idée du prix de la vie et des habitudes alimentaires. Et puis je retournai à mes investigation dans la rue, lorsqu’on aborde quelqu’un dans la rue il faut être patient car la réponse est rarement à 3 lettres car c’est le début d’un domino sans fin où l’on passe d’une personne à l’autre qui pense connaître quelqu’un qui semble le situer mais qui doit demander à quelqu’un d’autre. Il vaut mieux s’assoir et laisser faire sans trop s’impliquer. Jusqu’au moment où tombé du ciel quelqu’un m’aborde en me demandant si j’étais Bernard ? C’était bien mon Lekena qui avait repéré le seul blanc paumé dans ce bled, il n’avait qu’une chance sur deux de se tromper ! On s’est fait une solide embrassade pour sceller notre première rencontre. Il arrivait tour juste de ses montagnes à 80 km de Qacha, avait pris un taxi collectif pour essayer de me trouver. Il serait resté ici plusieurs jours jusqu’à ma venue inattendue en raison de ces problèmes de réseaux téléphonique.

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On est allé partager un thé dans une gargouille et nous avons fait quelques plans pour les prochains jours. Les achats pour fournir nos cuisinières n’étaient pas le moindre souci. Nous avons fait des listes, comportant les sacs de farine, de maïs, de pomme de terre, des boissons, un mouton allait être bouchoillé, l’essence pour la génératrice, le gaz pour la cuisine et la paraffine pour les lampes.

Il y avait de quoi remplir une camionnette. Programme était établi de se retrouver le lendemain de compléter les achats et de monter dans les montagnes pour commencer nos activités.
Au soir mon cousin Jean Olivier était arrivé du Cap où il habite et venait me suivre dans mes montagnes pour en faire un petit filme. Je ne l’avais pas revu depuis un bout de temps nos trajectoirs n’avaient rien fait pour nous rapprocher. Cette fois était la bonne et c’est un plaisir de l’avoir avec moi.

P1050750bLes routes et pistes pour accéder chez Lekena étaient magnifiques, nous nous trouvions au milieu de paysages étonnants et quasiment inhabités. Les gens ne se regroupent pas dans un village, les maisons sont plutôt éparpillées par petits groupes, les huttes de pierre avec toit de chaume sont de bonnes protections contre le froid et le chaud. Le soir les animaux sont rassemblés autour de la maison la fumée à l’extérieur de la maison nous montre que la cuisine se fait à l’extérieur. Des petits jardins jouxtent l’ensemble mais ne montrent pas beaucoup de légumes à cette saison. Quelques bouts de raves ou de choux ont survécu au froid et à la neige.

P1050411bNous sommes enfin arrivé chez Lekena où sa petite famille nous a accueilli avec une tasse de thé. Son habitat sort un peu de l’ordinaire et on voit que le bonhomme sort du lot par son imagination. Son petit patrimoine comporte 2 huttes et une maison à toit de tôle, chose rare il a des arbres épineux pour couper les vents et arbres fruitiers abricot et pêche étonnant à cette altitude car nous devons être à plus de 2000m. Des terrasses pour cultiver les légumes un petit étang comme précieux réservoir d’eau un peu d’irrigation pour ses cultures un panneau solaire sur son toit de tôle. Bref on voit que les choses sont pensées et qu’il fait partie des seuls à se bouger pour sortir de l’ordinaire.

 

 

P1050718bLe réseau téléphonique a été remis en fonction, les antennes diffusent à nouveau leurs ondes pour mettre en contact tout ce petit monde isolé.
Nous avons donc décidé de commencer le cours après-midi le temps que les chevaux et cavaliers arrivent. Il n’en fallait pas temps pour que l’information circule et que l’on voit au loin et de toutes les directions des chevaux se diriger vers nous. Le mouton était déjà sur le dos, le ventre ouvert et deux bonshommes affairé à dépecer la chair chaude.
Nos élèves étant arrivés plus tôt nous avons pu commencer à travailler avant le repas. J’ai fait une brève introduction de ce que nous allions faire ces prochains jours et je voulais les voire travailler pour me donner une idée de leur savoir-faire et de leur méthodes. Ni grand savoir encore moins de méthode il valait mieux commencer par le début et aller progressivement. Je leur montrai où je voulais en venir par une démonstration commentée avec description de l’outillage et de son utilisation. L’approche du cheval , l’observation des aplombs et de l’équilibre des sabots, le bé à ba mais combien important pour voire une progression. C’est ainsi que les jours de la semaine se sont égrené et que progressivement j’ai pu repérer quelques individu qui progressaient correctement.
Nous avons eu tous les temps, le froid, un peu de pluie des giboulées de neiges, des coups de soleil agréables qui nous séchaient la peau et nous rendaient les lèvres gercées. Teint des montagnes comme après une journée à ski les joues qui brûlent et le nez rouge !

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Le soir il me fallait refaire la route vers Qacha je ne me sentais pas le courage de rester dans une hutte pour la nuit. Le froid, ne me convient plus et ce timing est une erreur de ma part. Le prochain cours se fera en hivers de chez nous et pas d’ici. Je me réjouissais de retrouver ma couverture chauffante une douche d’eau chaude et un repas en face à face avec mon cousin. Et le matin on reprenait la route pour rejoindre nos élèves, leur sourire, leur bonne-humeur et leurs montagnes. Quel cadre magnifique, tous les matins cette route était un vrai bonheur. Nos cours théoriques se sont déroulés dans une petite école à 1km de chez Lekena. Nous avons squatté une des 3 classes dans lesquelles les institutrices se partageaient une trentaine de gamins. Lorsqu’on a mis la génératrice en route, assombri les fenêtres, tendu un drap contre le mure pour écran la magie était entrée au bled, tous les gamins sont venus nous rejoindre pour suivre ce que je racontai et je montrai.

P1050523cLes coupures de courant de la gégène ont fait perdre pas mal de temps et à plusieurs fois j’ai eu peur pour l’ampoule de mon projecteur. Je n’arrivais pas à alimenter projecteur et ordinateur donc il fallait compter sur la batterie de l’ordi pour tenir la séance. Bref on s’adapte à tout mais il faut être très flexible et tolérant. Après un moment je voyais que l’attention des enfants baissait, le semblant d’obscurité aidant il fallait lâcher la horde pour qu’ils aillent s’ébattre à l’extérieur. Mes élèves étaient assez attentifs, il n’y avait pas de bâillements ni de tête qui heurtait la table du pupitre, il faut dire qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion d’assister à quelque chose qui pouvait leur parler autant. Leurs chevaux sont de précieux compagnons et tout ce que je leur montrais, il l’avait déjà touché, senti sans en avoir jamais trop fait attention. Ce n’était qu’un nouvel angle, manière de regarder les pieds, les jambes de leurs chevaux.

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Et ainsi quotidiennement nous avons abordé et travailler les sujets et pratiqué sur les pieds pour en arriver à de petits résultats prometteurs. Il faudra du temps, nous l’avons puisque ce programme va se poursuivre sur 4 ans, je reviendrai avec Sahib la prochaine fois, d’autres maréchaux me succéderons et j’espère que je pourrai revenir retrouver ces paysages, ce calme, la gentillesse des gens et qui sait peut être une hutte pour pouvoir séjourner à la belle saison avec ses gens qui ont tant à nous apprendre de la sagesse et de la modestie…..

ByeBye

bd retour de brousse

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Arrivé au Lesotho première mission en Afrique pour la FAF

Lesotho lundi 25 juillet 2016

J’ai été un peu cynique dans ma description de Madagascar ! Il ne faut pas rester dans les capitales lorsqu’on veut découvrir un pays comme celui-ci. Les capitales des pays pauvres sont trop pauvres pour être attractives, la campagne nous révèle toujours la beauté de la nature et de la simplicité. Pardon pour les âmes sensibles.

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45 min. de vol pour rejoindre Maseru au Lesotho depuis Johannesburg, c’est un petit avion qui fait cette liaison car il y a bien peu de monde qui se dirige vers cette destination en plein hiver.
Lorsque l’avion a commencé sa descente pour atterrir une forte pluie et des rafales de neige se sont mises à frapper la carlingue. On ne voyait rien du tout par les hublots si ce n’est cette neige qui filait comme des jets de gravier parallèle à notre trajectoire. Apparemment le pilote n’en voyait pas plus que nous car le zingue s’est mis à reprendre de l’altitude pour sortir de cette gravière. Après avoir tourné un moment nous avons ressenti une descente progressive c’était la deuxième tentative, la neige avait cessé mais la pluie était toujours très soutenue. Là il n’y a plus eu de rupture subite de la trajectoire et progressivement à travers cette mousson on devinait le sol, c’est ainsi que nous avons atterri à Maseru et que j’ai posé pour la première fois le pied au Lesotho, Jean Paul II était venu avant moi et ce n’était pas pour prêcher la capote !
Mon histoire du Lesotho ne faisait que commencer et sans mes bagages, perdus entre Tananarive et Johannesburg, de plus personne pour m’attendre, impossible de faire du change à l’aéroport qui était encore plus petit que celui de Tana. Mon téléphone n’avait pas de roaming et il faisait très froid avec cette pluie qui continuait à tomber comme au plus profond de la forêt tropicale.
Je me suis assis, ai réfléchi, et j’ai pensé à Saidou perdu au milieu de cette URSS hostile largué par le train au milieu de nulle part, en pleine nuit, sur la route de Krasnodarh.

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“Même les images noires peuvent devenir  de merveilleux souvenirs”
Il faut toujours faire confiance à la solidarité dans ces situations, un individu m’a prêté son téléphone pour que je puisse appeler mon contacte. Celui-ci était bloqué dans les neiges de Qacha’s Nek ma supposée destination finale. Mais il m’envoyait quelqu’un de Maseru 25km. pour m’aider à trouver une solution. La pluie ne cessait, il faisait sombre le temps pour se demander ce qu’on vient foutre ici !
Le contacte du contacte est arrivé une heure plus tard mais enfin il était là pour me guider dans l’opération de sauvetage. 1) trouver un cash point pour tirer de l’argent. 2) trouver une Guest House avec un minimum de propreté et un petit peu de chauffage. 3) faire le point météo. 4 prévoir de rester jusqu’à ce que mes bagages réapparaissent.
Tout a pu s’organiser aisément sans panique et même on a eu le temps de se manger un excellent filet de bœuf pour moins de 10 balles. La chambre d’hôte est très propre, eau chaude dans la douchette, couvertures en rab dans l’armoire et un semblant de chauffage qui va éviter l’hypothermie. Je ne sais pas si c’est une habitude pour traiter les gens d’âge bien mûre mais le personnel m’appelle Dadi ce que je trouve charmant et chaleureux.

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Je me suis acheté une carte SIM que j’ai immédiatement chargé, et le mardi matin je recevais un avis de l’aéroport qui me précisait que mes bagages étaient en route et devaient arriver dans la matinée.
Soulagement je retrouverai mes grosses chaussures, mes habits chauds et mon gisement de chocolat. Un bagage avait été ouvert mais je ne constatai rien qui manquait, pas un Ragusa ! Soulagé je rentai à ma chambre d’hôte pour profiter de mon après-midi et faire un petit tour pour me dégourdir les jambes. Fin de journée je découvre que je n’ai plus ma pochette avec mon passeport et mes billets d’avion ! Deuxième montée d’adrénaline en deux jours et moi qui essaye de faire chuter mon hyper tension ! Je renverse mes bagages fouille partout impossible de me souvenir ce que j’en ai fait. La dernière fois que j’ai sorti mon passeport c’était à l’aéroport pour passer le check point pour accéder à la chambre des bagages. Aucune solution dans mon programme sauvetage pour ce cas de figure ! C’est là que je pense à l’ami Alzheimer et que je me dis qu’il y a des données que je n’enregistre plus….J’ai pensé au taxi, que j’appelai mais qui n’avait rien trouvé. Je refaisais mon parcourt mentalement pour voire où j’avais bien pu l’égarer. Rien ne revenait c’était le blanc total je revoyais mon carton rouge à l’aéroport mais plus rien après. La nuit fût perturbée, j’avais retrouvé le double de mon billet d’avion ça c’était réglé mais le passeport, comment savoir si la Suisse était représentée au Lesotho ? J’avais retrouvé avec mes cartes bancaires celle de mon identité et me disais que ça allait tout de même aider. Au petit matin du mercredi je refaisais un contrôle général pour la nième fois de mes bagages en espérant toujours me dire qu’est-ce que je suis con mais c’est bien sûre. Rien de tout ça ! A 7h15 coup de téléphone de la réception pour me dire que le taxi avait retrouvé ma pochette. Comment décrire le soulagement, juste un moment divin où tout se remet en place et le cours de la vie peut reprendre normalement.

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Il faisait un temps superbe, pas un nuage, mais les cols à passer pour rejoindre Cacha’Nek n’étaient pas ouvert, en altitude la neige était restée et les véhicule loin d’être équipé pour ces circonstances ne passaient plus. La région était isolée et je ne pouvais toujours pas y accéder. Le temps était trop beau pour rester inactif, j’en ai profité pour sauter dans un bus collectif attendu une heure qu’il soit plein et lélé pour Thaba-Bosiu région magnifique au pied des montagnes enneigées paysage de grands plateaux herbeux et villages typiques.

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Arrivé sur place je me suis mis à marcher à travers le village, ces huttes de pierre sèches et toit de chaume, j’y ai côtoyé des gens, des enfants, et c’est là que j’ai rencontré Rafiloe qui est devenu mon guide. Jeune paysan du village dernier habitant de la hutte familiale le père et la mère étant décédés il y a quelques années à des âges où l’on ne meure normalement pas. J’ai bien vite compris qu’il était un orphelin du Sida comme beaucoup de jeunes dans le pays.

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“Rafiloe me faisant visiter le cimetière des roi du Lesotho”

La sœur était partie et le frère ainé aussi, il se retrouvait seul a travailler les terrains s’occuper de ses vaches, de ses moutons et des cochons. La saison dernière avait été très sèche les récoltes maigres et sa caisse dans les chiffres rouge. Il m’a emmené au sommet de la montagne sur laquelle se trouvent le cimetière des rois et le lieu de rassemblement annuel de tous les chefs de tribu. Il connaissait les plantes leurs vertus, se soignait que par elle se faisait des infusions, se faisait des crèmes désinfectantes avec du gel de cactus, il n’a plus grand-chose à manger et ne peut plus s’acheter de cigarettes. Il n’en pleurait pas, a aucun moment il m’a parlé d’argent en me faisant comprendre qu’il fallait que je lui en donne. Il me disait qu’il était très fort qu’il pouvait construire des huttes en pierre, qu’il savait faire des toits de chaume. L’année prochaine il aura 25ans et si il a assez d’argent si la saison prochaine est bonne il se mariera tout d’abord avec une femme et si il le peut en prendra une deuxième mais pas plus. On a fait un tour extraordinaire, j’ai vu son pays il m’a appris la vie au village, avant de repartir on est allé boire une verre de Coka dans une épicerie quand on s’est quitté il m’a beaucoup remercié ce soir il pourra manger décemment et les jours qui suivent aussi. Je ne l’oublierai pas il m’a fait découvrir une très belle image de son pays.

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Ce jeudi matin le temps est à nouveau gris la neige est annoncée. Le col est toujours impraticable.
Visite de la police montée aujourd’hui. Pas perdu mon temps, j’ai rencontré la chef qui est une puissante noire qui doit faire ployer le dos de sa monture. Elle m’a mis en contacte avec la vétérinaire en charge des 80 chevaux. Bon ce n’est pas la garde républicaine, il faut voire les haridelles, même Don Quichotte aurait fière allure ici. Bref ils ont les installations, salles de cours car ils forment leurs agents montés pour desservir les différentes régions du pays. On pourrait organiser une formation à Maseru chez eu ce qui nous permettrait d’avoir un lieu à peu près avec un bon cheptel d’animaux pour les stagiaires même externes à la Police. Donc de mon côté je pose des jalons et prépare la suite du projet FAF-Lesotho.
La nuit tombe, encore un jour de passé, coincé à la capitale et je ne sais pas quand je vais pouvoir m’en sortir. Je m’occupe agréablement, j’ai un super bouquin « l’arracheuse de dents » Il y a bien pire et il y en a même qui n’ont jamais retrouvé leur passeport !

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“Chevaux de la Police montée de Maseru ! Ils sont pas prêt de rivaliser la Garde Républicaine de Paris” 

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“La suite arrive tout prochainement”

 

 

Qu’ai je vu de Madagascar ?

Madagascar, je n’en ai rien vu ! Un si vaste pays j’ai dû en voire le pire ! Comme toutes les grandes villes des pays pauvres, on y découvre un ramassis, une concentration de tout ce que le pays peut produire de dégoûtant. Madagascar est une île immense traversée de rivières et de fleuves parsemée de lacs, de forêts et de cultures. Tananarive semble dégueuler d’une population déplacée qui s’est construit des maisons de quelques planches et tôles et découvert des professions de survie.
Seul les lémuriens et leur parc m’ont fait découvrir un paysage paisible,

P1040751une végétation protégée qui révèle la richesse des plantes, un trésor de diversité pour les botanistes, une représentation de ce que peut être, un pays connu pour ses épices, sa vanille, ses baobabs, ses forêts tropicales la gentillesse de ses habitants si on fait abstraction des sorcières et des dit on.

En survolant une toute petite partie du pays il me semble avoir vu tout ça, un pays vaste, des côtes immenses certainement regorgeantes de poissons, mon regard n’a même pas pu croiser une embarcation, ni soupçonner un village de pêcheur. Les seuls que j’ai vu pataugeaient dans des eaux dégoutantes aux alentours de la capitale sortant des tout petits poissons vendu sur les trottoirs de routes enfumées et poussiéreuses.

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Je longeai la digue tous les matins pour parvenir au club ou plutôt aux écuries dans lesquelles je donnais mon cours.

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La digue est une immense bute, longée par la route principale donc goudronnée, elle permet d’immerger les terrains bordant la rivière où le ris est cultivé sur des toutes petites parcelles. Les labours se font encore à la pelle carrée où avec des paires de bœufs tirant une charrue archaïque. Mon chauffeur était toujours inquiet lorsque j’ouvrais ma fenêtre pour prendre des photos.

(étalage de légume avant d’être souillé par la fumée et la poussière)

P1040962De son expérience il m’expliquait que les voleurs et pique poquets étaient d’une rapidité inouïe, qu’on avait rien le temps de voir arriver. Le trafic est très lent constamment obstrué par les taxis brousse qui à tout moment s’arrêtent pour prendre ou déposer un occupant et sa cargaison sans se soucier des véhicules qui le suive. Il est imprédictible le temps que va prendre le trajet qui peut aisément passer du simple au 4 fois plus. Les bords de routes sont un spectacle continu où tout est concevable. A voire le nombre de gamins de tous les âges qui y font école on peut s’imaginer que les                          parents ne vont pas bien loin pour leurs ébats. Les 2cv, Dianes ou 4L taxis m’ont émerveillées et m’ont prouvé leur solidité à traverser les âges et les pires routes. Petits bijoux de la non technologie, bichonnés par leurs propriétaires qui sont fiers de la faible consommation de leur véhicule qui leur donne les moyens d’en boire un petit de plus !

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(Mary  était presque du voyage!)

La fumée du trafic est insupportable, à chaque déplacement on a l’impression d’y encrasser ses poumons, d’en perdre une partie, d’en faire un mou noirâtre dont même les chats n’en voudraient pas.

On y mange du port qui sent trop le porc, du poisson qui sent le cochon. Mais ça c’est une question de friteuse, qui a déjà vu passer les œufs, les frites , les cuisses de dame (petits beignets qu’on prend avec le café à la pause du matin) voire même les chicots de la cuisinière qu’on a jamais retrouvés.
Le bœuf est toujours trop cuit mais ça c’est peut être préférable car lorsqu’on voit les étalages de boucherie, l’arrivées des chariots de viande poussés dans cette même fumée et poussière, tripotée par ces marchands dont l’hygiène et la couleur des mains ne nous laissent guère soupçonner qu’ils travaillent dans l’alimentaire.

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(en route pour l’abattoir) 
C’est bien que, lorsqu’il y a un mariage que les gens semblent propres, les couleurs les chapeaux, les costumes à paillettes des déguisements pas possible et des aires à ne plus reconnaître son peuple. Extraordinaire cette métamorphose caméléonienne et cette attitude de grandeur pour quelques heures de rêve.
Le pays est en train de s’enchinoiser, ils achètent les politiciens, des terrains, ils construisent, ils produisent et ils exportent à la tête et à la barbe des autochtones ! Actuellement il y a un grand chantier à Tananarive, car ils sont les hôtes du Sommet de la Francophonie 2016. Tout est très en retard seul un grand Hôtel érigé spécialement par les chinois aux abord de l’aéroport est terminé plus une route encore en chantier pour accéder au Village de la Francofolie   où les ouvrier chinois travaillent comme des forçats.

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(Et vous me direz qu’il n’y a pas de chinois à Madagascar!)

Les bâtiments du villages sont mollement animés les malgaches ne pensent pas qu’ils arriveront à terminer les bâtiments. Bref comme partout où ils mettent les pieds, les chinois seront certainement là au bon moment pour renflouer le navire en perdition, au grand soulagement des politiciens locaux qui ne reculeront devant aucune concessions.

Mes élèves ont été très assidu j’espère avoir suscité des vocations de maréchaux mais en 5 jours que peut on souhaiter de plus qu’un peu de rêve!!!

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Lorsque je suis reparti, à l’aéroport International de « Tananadérive » grand comme une petite Migros dont les caissières sont nettement moins efficaces ! A un moment, je suis allé pisser, le choc ! j’ai cru que je m’étais trompé de pays! Que des chinois et y en a pas un qui se lavait les mains, merci les cacahouètes !

Après un très long moment de queue pour le check in, après que je me sois acquitté des frais d’excèdent de bagage, il fallait encore passer la douane et la police, là c’est mon bagage à main qui était trop gros alors que le check in me l’avait pesé et approuvé. Bien vite compris quand le fonctionnaire m’a dit que pas de soucis il allait me le laisser passer… je n’ai pas eu de réaction… mais lui m’a glissé dans l’oreille : petit billet pour mon service ?
Et voilà tout ce que j’ai vu de Madagascar, il y a certainement mieux à faire mais certainement pas à Tananarive où son chinatown aura vite fait de remplacer l’avenue de la Libération par celle de la Francophonie chinoise.        BD en brousse

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Arrivé à Madagascar…

 

Madagascar 15juillet 2016
Arrivé après-midi, il me semble avoir déjà une bonne impression de ce qui m’attends. Après m’être installé dans ma chambre d’hôte, accueil chaleureux, personnel adorable, jardin verdoyant, à la campagne loin de la grande ville qu’est Tananarive. L’arrivée à l’aéroport est déjà folklo, retro mais avec des contrôles plutôt bon enfant , des douaniers presque rigolards si on sait aussi les aborder. Aussitôt passé les différents vérifications et coups de tampons on aborde la foule restée dehors qui attend son monde mais en ce moment c’était plutôt pour l’avion suivant parce que le mien était petit presque local puisque j’arrivais de Johannesburg.
On se fait accoster par les changeurs de monnaie ou les mendiantes avec leurs enfants au sein ou à la traine. Maurice mon chauffeur était là avec son petit carton où figurait mon nom. Pas de soucis toute notre organisation à travers les courriels fonctionnait à merveille. A peine 20 minutes et je me trouvais déjà à ma chambre d’hôte non sans traverser villages, commerces, marchés et toute l’animation mêlée qui règne le long de ces routes.
Ma première impression est très cubaine ! Les gens, leur dégaine, la pauvreté, les vielles voiture qui-là ne sont pas des Chevrolet mais des taxis 2CV Citroën, des Diane, ou des 4L.

C’est une image de population jeune, beaucoup de jeunes filles avec déjà des enfants trimballés sur les hanches ou dans le dos, c’est des chapeaux de paille ou des bonnets chaud juchés sur la tête comme des accessoires indispensables. C’est le royaume de la petite demerdise ou les échoppes montées de 3 planches font chapelets aux abords des villages. Les routes sont vites chaotiques lorsqu’on sort des axes principaux goudronnés, se sera des pistes de terre ou des pavés.
Le trafic n’est pas rapide, rien agressif lorsqu’on pense à l’Inde, on y croise des charrettes à bœufs ou des calèches qui sont des charriots assez particulier pour transporter des petites quantités de marchandises mais parfois bien lourdes pour les hommes qui les tirent ou les poussent. Il y a aussi les charrettes taxi tirées par un homme, comme à Calcutta mais moins belles. C’est toujours une impression assez désagréable de voire des hommes s’abaisser à trainer d’autres hommes.
Ma première sortie après m’être posé, déballé en vrac mes bagages, pris un thé, fût d’aller au village, de passer au marché couvert, dédale de cabanes où explosent les couleurs des fruits et légumes, où les odeurs nous enivrent ou nous répugnent, où les voix deviennent musique et où le tempérament des gens se révèle. Ici c’est aussi Cuba, on y entend parfois des musiques chaudes de l’île, la langue très chantante me fais penser au brésilien, et puis on peut aborder les gens en français. Ça c’est une particularité lorsqu’on est si loin.
Les gens du village ne parlent pas français entres eux mais s’expriment volontiers à nous dans notre langue. Le malagasy ou malgache me fais penser à l’indglish car dans toutes les phrases il y a un mot français qui ressort ! Certains mots sont trainants, la langue est douce et même rassurante. On m’avait prévenu et ceci est un conseil d’une réunionnaise, méfiance méfiance, les femmes sont des sorcières, il s’y passe des choses étranges, la sorcellerie y est bien connue et nombre d’hommes ont disparu… Je n’ai pas encore vu de sorcières, j’ai rencontré plusieurs femmes avec un balai mais rien ne m’est arrivé.
Ce tour de village, m’a déjà mis un peu au diapason, j’y ai vu le prix des aliments de base, j’y ai vu la pauvreté, j’y ai vu les enfants et les vieux, les sobres et les alcooliques, j’y ai découvert le pays des villages celui de Madagascar, une vrai image des gens qui vivent et survivent ici. J’ai appris la terrible catastrophe de Nice, l’accident de train en Italie, les bombardements en Syries et moi qui me faufile dans ce magma de monde sur lequel il devient difficile de savoir où poser le pied. J’essaye de rester fondu ou tout du moins de m’approcher des couleurs locales….

Un périple routier pas ordinaire.

Dundlod-Amballa-Jelandar-Chandigarh
Un périple routier pas ordinaire.

Une très longue distance à travers la campagne des moissons à travers une Inde sans dimanche. Les routes sont très mauvaises, défoncées, en éternelle construction ou réfection. Les travailleurs réparent quelques nids de poule, à l’ancienne, quelques pelletées de gravier, une giclée de goudron liquide par-dessus et bonjours la volaille, au suivant! Travail strictement inutile puisque dans quelques jours le trou sera à nouveau béant et même plus vaste. Comme beaucoup d’activités en Inde, elles sont une formalité on distribue des affairements qui ne sont pas toujours des emplois à but très utiles mais des placements pour occuper les gens et gonfler les statistiques. Les superviseurs qui accompagnent ces travailleurs eux vont remplir des fiches pour rapporter combien de trous ont été bouché.
Je discutais avec un ami vétérinaire, qui lui travaille dans un élevage et échangions des nouvelles d’un ami commun. Celui-ci est vétérinaire lui aussi mais dans un village près de notre école il est responsable d’un dispensaire gouvernemental. Il avoue la pauvreté de ses occupations, le manque de motivation, le peu d’intérêt de rendre l’établissement attractif et les heures qu’il passe a remplir des documents fictifs de traitements pour justifier son poste et rendre les instances gouvernementales heureuses et croulantes sous les documents injustifiés. C’est ainsi que l’Inde rends les gens manchots, cul de jatte avec pour seule motivation de bénéficier d’une retraite d’état.
Le trafic est toujours aussi fou et dangereux, camions et bus font toujours valoir leur suprématie par une agressivité et un déni des règles, la courtoisie n’est pas une attitude de mise dans cette jungle créée par les conducteurs. Je me suis isolé des Klaxons et des pétarades enfumées en m’isolant les oreilles avec une bonne musique. C’est fou ce qu’on est plus détendu, lorsqu’on peut se laissé distraire par des sons, une musique qui n’a rien à voir avec l’image, on ferme les yeux et on s’envole. De plus lorsqu’on peut se laisser planer au son de nos morceaux préférés. Pour le moment mon choix s’est porté sur des ballades de Lester Young, l’étrangeté de cette musique ajoute une dimension bien supérieure aux couleurs du paysage. On a tout de même bien avancé, il est maintenant 13h et nous nous sommes arrêté qu’une seule fois pour un petit ChaÏ, il serait temps de se trouver un bon Daba (restaurant routier punjabis qui ne payent pas de mine mais où la nourriture peut être excellente.
La campagne est devenue bien moins aride, plus irriguée, on est sorti des sables du Rajasthan pour rejoindre les sols du Nord, grosses terres, riches, fertiles et généreuses. Les immenses étendues de céréale font aussi penser au désert, les dunes en moins.
Notre Daba n’a pas déçu, les plats que nous avons choisis nous ont été préparés sur le feu, devant nous en un rien de temps. Les chauffeurs routiers prenaient leur repas en regardant la télé ou somnolaient sur leur charpoï. Les toilettes petite cabane près du parking nous démontraient le peu d’intérêt pour la junte féminine. Ceux-ci sans porte, sans Paris Match, ni Hola, ne donnait que la possibilité de méditer sur la beauté de son camion, accroupi sur le trou à la turque qui ne resplendissait pas le Mister Propre! Ça se sont les voyages entre mecs où les seules femmes rencontrées sont les pin-up des calendriers Pirelli et les déesses aux mille bras. On ne va pas se prolonger sur le sujet et inquiéter inutilement tous ceux qui rêvent de venir en Inde.
Les champs sont animés d’armées de travailleurs, non syndiqués, qui effectuent les moissons, des immenses surfaces sont encore entièrement fauchés et mis en gerbes à la main d’autres sont moissonnés à la machine. Les époques se côtoient sans révolution, sans rébellions parfois un siècle de traditions séparent des champs comme une haie infranchissable ou seul les oiseaux arrivent d’une envolée profitent et se nourrissent des deux mondes.

 

L’Inde restera une éternelle injustice où on peut aisément manifester pour des droits, une justice et où on peut sans scrupule exploiter les gens comme des serfs. Où on peut bénéficier des meilleures études ou ne voire que le cadre d’un tableau noir dont les craies ne sont plus au budget de l’école. Il vaut mieux naître dans un nid Parsi que dans un nid de corbeau, il vaut mieux être chien de race que chien de rue, il vaut mieux être cheval de Pur-Sang que groom. Quoi que là je m’égare peut être les chevaux de course ne sont pas nécessairement heureux de courir le dimanche! ils me font souvent penser à ces travailleurs ou travailleuses du sexe enrôlés contre leur gré dans un sport un jeu pas toujours très propre. Les belles années à la ferme ne dureront que trop peu de temps. Que de kilomètres se sont écoulés depuis notre départ et nous sommes arrivés à ma première étape, Amballa dans l’état de l’Haryana, je vais passer la nuit dans une demeure confortable et reprendrai la route très tôt pour me rendre à la ferme.

 

Forge en fête

Tomorrow and Sunday Big day for the Flying Anvil Foundation
we have a big party during 2 days at the Forge I hope to show a few nice pic of the days . Welcome to all of you if you can make it come and have a drink with us .
4 route de Bossey 1256 Troinex Geneva Switzerland

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